Corée d’Ici, 2nd édition

Je vous parlais l’année dernière du festival Corée d’Ici qui se déroule depuis 2015 à Montpellier. Et bien j’étais là en 2016 pour monter la 2e édition, mouvementée par une arrivée plus que tardive à la production néanmoins follement passionnante. Tant et si bien que je serai encore là pour 2017.

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Parfois les gens ont vraiment des métiers fous : j’ai une amie professeur de langue régionale, un autre calcule la fréquence à laquelle il faut changer le ballast des voies ferrés et moi je pilote un festival franco-coréen. Je voulais travailler dans les relations culturelles France-Corée dès la sortie de mes études. Et aujourd’hui me voilà à écrire des invitations à des artistes coréens pour venir au festival Corée d’Ici ; défendre nos projets auprès des élus à la culture et des directeurs de théâtre ; écrire des dossiers de présentation pour les évènements à venir ; mener de front communication et diffusion … et tout ce qu’un festival peut compter en terme d’organisation pour voir le jour.

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« La Ville en Grâce » / SONG In-ho

Le technicien du festival m’expliquait qu’un artiste tout seul sous la pluie ne vaut pas grand chose. Mettez le sur une scène avec un bon éclairage, un micro, concevez une belle affiche et laissez la magie opérer. Avec la directrice nous avions justement envie de mettre en avant les artistes franco-coréens qui nous tapaient dans l’œil, les mettre en lumière pour montrer au public ce que nous aimons dans la culture coréenne. Et comme nous sommes le festival Corée d’ICI (ici, ici, c’est Montpellier ! comme le chante au stade), les artistes régionaux travaillant avec la Corée sont également invités aux festivités. C’est notre façon d’insuffler aux relations France-Corée une couleur occitane qui parle à notre public.

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« Rythmes de Corée » / SONG In-ho

Alors quand une salle d’opéra fait salle comble pour un concert franco-coréen, quand plus de 1 900 enfants viennent voir un spectacle de musique traditionnelle, quand un restaurant affiche complet avec un menu coréen à sa carte, on se dit que notre travail est utile, gratifiant et tombe sous le sens. Monter un festival, c’est partager un point commun avec le public à propos d’un OVNI que tout le monde confond avec la Chine ou le Japon. Le but du jeu c’est que les gens rentrent chez eux en se disant « J’ai cuisiné coréen ce week-end, s’était bon ! » ou « On est allé à une expo d’un artiste coréen, je ne connaissais pas cet artiste ». Maintenant ils connaissent ! Je ne suis pas naïve au point de croire que 4 050 personnes sont venues car nos évènements parlent de la Corée, mais si nous avons pu les toucher au travers de la musique, de la danse, de la gastronomie, du cinéma ou de n’importe quelle autre de leur passion, alors nous avons réussi notre pari.

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Vernissage de l’exposition « Souffle coréen » / Jean CRECH’RIOU

Et tout ne tourne pas autour de la culture. Les relations France-Corée c’est aussi l’économie, le tourisme, l’éducation, la science ! Nous tenons à conserver ce pan et surtout à le développer car la culture est l’épine dorsale sur laquelle ces derniers pans viennent se greffer. Alors je milite pour des relations toujours plus proches, faire de la mondialisation une affaire locale : des ingénieurs de la Métropole de Montpellier se sont rendus récemment au sommet de l’eau de Daegu ; une entrepreneuse coréenne exporte depuis Lunel des vins de la région jusque sur les grandes tables de Séoul ;  deux de nos partenaires viennent de faire affaire après s’être rencontré sur le festival. C’est ça agir à grande et à petite échelle.

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La chef Young-min DEGUINE aux cuisines du Mercure / Jean CRECH’RIOU

Dans un temps où toutes les subventions se réduisent comme peau de chagrin et que le secteur culturel peine à vivre, l’idée de perpétuer un festival coréen dans le sud de la France peut paraître saugrenue. Pourtant je me fais la réflexion que même s’il est difficile de vivre de cet art, c’est un choix. J’aurai pu être comptable, avocate, commerciale ou autre chose de plus rentable, mais j’ai choisi la Corée et là où je vis actuellement. Je donne au public du festival le plaisir que j’ai eu de découvrir la Corée, tout l’intérêt que ce pays a porté à ma petite personne en disant « Hé, regarde, j’existe ! Je suis tout beau, tout nouveau, tu veux bien t’intéresser à moi ? ». Alors peut être que la profession est ingrate, mais derrière je sais que je plante une graine pour ouvrir quelques œillères et peut être éveiller de nouvelles passions.

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Exposition « Fragments Coréens » / SONG In-ho

Alors tant que nous aurons du soutien, du carburant et un peu d’audace pour continuer l’aventure, je serai au téléphone à prendre des rendez-vous avec nos partenaires, défendre nos évènements, monter les spectacles avec les artistes  et perpétuer concrètement cet amour pour la Corée.

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L’équipe du festival et les artistes après la représentation à l’Opéra de Montpellier

Et quitte à vous parler du festival, vous en apprendrez un peu plus ici, là aussi, un peu là et quelque peu ici. Et le mieux c’est de s’abonner à la newsletter tout en bas de notre site !

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